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Tract de mobilisation.
mai 13, 2008Mobilisation Lycéenne contre les suppressions de postes dans l’Education Nationale : le double enjeu de la quantité pour la qualité.
mai 13, 2008« Nous allons faire le choix de la qualité, plus que la quantité » (Nicolas Sarkozy, 26 avril 2008). Interrogé sur la mobilisation lycéenne émergeante contre les suppressions de postes dans l’Education Nationale prévues par la loi de finances 2008, le Président de la République a, pour justifier cette politique, opposé la quantité à la qualité du service.
La réduction des postes s’inscrit dans une démarche plus globale de transformation de l’enseignement public. La forte réduction des places au CAPES soit une déjà une dure réalité depuis 2002, la loi Fillon en 2005 prévoyant un socle commun de connaissances, où l’instauration d’un contrôle continu au baccalauréat a été un préalable à ce qu’on appelle aujourd’hui des réformes : les suppressions de postes, la réforme du bac professionnel, et le projet de réforme du baccalauréat général (notamment par une fusion des sections économiques , sociales et littéraires).
Par ailleurs, il est à noter que ces suppressions interviennent dans un contexte particulier : post-LRU, et conjointement à la réforme des programmes de l’enseignement primaire, toutes deux opérées sans consultation et indiquant une volonté désormais avouée de traiter l’Education Nationale comme un banal poste budgétaire.
Ce choix, au niveau des lycées notamment mais aussi dans les collèges et écoles primaires, conduit à l’augmentation du nombre d’élèves par classe, au ralentissement des procédures administratives, à l’impossibilité d’opérer un réel suivi des élèves, à l’absence de prise en charge individuelle de l’élève tant sur le plan de l’enseignement pur que sur celui de l’entourage « extrascolaire » de l’élève à l’école (le Conseiller Principal d’Education, les assistants de vie scolaire, les psychologues scolaires, conseillers d’orientations et infirmiers scolaires).Des problèmes qui ne sont pas nouveaux puisqu’omniprésents dans les écoles aujourd’hui.
Or si Nicolas Sarkozy a choisi de dresser la qualité contre la quantité pour justifier ce choix économique, il se trompe de démarche. Il va de soi pour chacun que la création de postes, l’ouverture de places au concours sans motif, ni objectif ciblé, ne peut conduire à une amélioration qualitative de l’enseignement public. Cependant qualité du service, et quantité, sont ici directement liées. Quelques exemples évocateurs suffisent à démontrer ce lien : Comment assurer un suivi individualisé des élèves nécessaire à la réussite sans personnel d’enseignement disponible ? Comment améliorer la qualité de vie des élèves sans prendre en charge son orientation, sa santé, ou son éducation au sens large ?
L’argument démagogique de la démographie ne peut pas à lui seul servir de fondement à une politique visant à faire des économies sur l’avenir de l’école mais surtout de ses élèves. Les disparités régionales mais aussi la disproportion des suppressions par rapport à la baisse de fréquentation viennent s’ajouter aux mensonges du gouvernement.
